La rentrée au Cégep

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Au Québec, c’est souvent la rentrée au Cégep qui souligne notre entrée dans l’âge adulte.  Afin de rendre l’éducation plus accessible aux jeunes Québécois de la fin des années 60, le gouvernement a mis en place le réseau de Cégep. Il est désormais plus facile pour les jeunes Québécois d’accéder aux études supérieures, peu importe leur milieu ou leur région d’origine. Ces établissements offrent deux sortes de programmes : les programmes professionnels, menant directement sur le marché du travail, et les programmes préuniversitaires.

Personnellement, j’ai adoré mes deux années de cégep. J’ignore pourquoi, mais j’ai trouvé plutôt difficile l’assimilation de la matière académique durant mes années à l’école secondaire. J’étais probablement trop distraite ou trop occupée à entretenir ma réputation d’asociale pour me concentrer adéquatement sur le contenu enseigné. J’ai réussi malgré tout à atteindre les objectifs de base, ce qui m’a permis de passer à la prochaine étape.

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Crédit photo: Freepik

Ma rentrée au CÉGEP

À la suite de l’obtention de mon DES, je n’avais qu’une idée en tête : aller à l’université. J’ai donc choisi un programme préuniversitaire, une formation générale en sciences humaines. C’est âgé d’une année de plus, et sans réelles attentes, que je me suis présentée à mon premier cours. Le local, les pupitres, l’enseignant et les autres étudiants ressemblaient en tous points à ceux de l’année précédente. Pourtant, quelque chose avait changé, c’était moi qui n’étais plus la même.

Il m’était désormais plus facile d’être attentive, de prendre des notes pertinentes, d’organiser mon temps autour de mes cours magistraux et de mes travaux à rendre. J’étais inspirée par toutes les matières, tous les cours. Je me retrouvais dans tout! La philosophie, la littérature, la psychologie, la sociologie, l’histoire, peut-être un peu moins dans les cours d’économie… Ce qui n’enlève rien à leur pertinence.

La rentrée de nos enfants au CÉGEP

Cette année, c’est ma grande belle-fille qui a fait son entrée au CÉGEP. Tout en caressant le projet d’aller à l’université, c’est plein d’espoir qu’elle s’est inscrite dans un programme professionnel. Ainsi, elle peut déjà se confronter au sujet, valider son intérêt et arriver avec une petite longueur d’avance lors de son inscription au bac. C’est avec fierté que j’aperçois la même lueur dans ses yeux, la même soif d’apprendre, la même détermination à réussir.

Enfin, les drames adolescents deviennent accessoires, loin derrière l’importance d’obtenir des résultats appropriés et conformes aux attentes des professeurs. Travaux d’équipe, rédactions personnelles, examens à développement… Personne n’a le temps de s’ennuyer dans cette chevauchée vers l’âge adulte, vers l’atteinte des compétences professionnelles.

Un peu de sérieux au CÉGEP

L’adolescence… Étape obligée de turbulence, de remise en question, de doute face au monde qui nous entoure. L’impression que l’enseignant nous donne un mauvais résultat parce qu’il ne nous aime pas est enfin remplacé par l’assurance de ne pas avoir mis les efforts nécessaires à notre réussite. Bon, j’admets que les efforts ne suffisent malheureusement pas toujours; les résultats ne sont pas directement proportionnels à l’ampleur de nos efforts investis.

Le Cégep, c’est le vrai monde des adultes, c’est maintenant à l’étudiant de s’organiser et d’aller chercher de l’aide au besoin. Terminée l’époque où tout le monde prenait le jeune par la main pour ne pas qu’il abandonne et qu’il réussisse à obtenir son diplôme. Ici, c’est l’étudiant qui est responsable de sa réussite scolaire, le rôle de l’enseignant n’est pas le maternage, mais bien le partage de son savoir.

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Le Cégep et le décrochage

Ces quelques lignes m’amènent à un autre enjeu, celui de la rétention des étudiants. Est-ce que le Cégep doit se préoccuper du taux de décrochage? Doit-il baisser les standards pour retenir le plus d’étudiants possible et fournir un maximum de diplômés chaque année? Je suis en faveur de proposer des ressources, de l’assistance par courriel, des cours de récupération et la possibilité de reprendre un cours échoué. Par contre, je ne crois pas que l’on devrait céder à la tentation de simplifier les évaluations ni de remplacer les lectures au programme afin d’augmenter le taux de réussite. Abaisser les exigences ne fait que diminuer la valeur du diplôme, ce qui serait, à proprement dit, déplorable.

Ainsi, afin de conserver la notoriété de l’institution, que ce soit pour les employeurs locaux, ou pour les étudiants qui aspirent à une carrière internationale, il est primordial d’amener les jeunes à satisfaire les exigences déjà en place. C’est vrai que c’est difficile, et c’est probablement la première fois que le jeune doit se confronter à la densité d’un texte de littérature classique. Mais c’est exactement cela, la réussite des cours de formation générale, qui distingue les diplômés du collégial des diplômés professionnels.

Ne baissons pas les exigences, aidons plutôt nos jeunes à faire des choix de carrière qui les passionnent. Que cette carrière nécessite un diplôme professionnel ou un postdoctorat, l’important c’est d’avoir un plan, de se respecter en tant qu’individu, et de mettre les efforts nécessaires pour se dépasser et atteindre nos buts.

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Révision: Caroline Gagnon

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